La "paix" impérialiste mensongère signifie la terreur sioniste (Le Bolchévik)

Le Bolchevik N°144 Automne 1997

La "paix" impérialiste mensongère signifie la terreur sioniste

Israël hors de tous les territoires occupés!
Défense du peuple palestinien!
Pour une fédération socialiste du Moyen-Orient!


15 septembre - Les événements qui ont immédiatement précédé le voyage en Israël de la Secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albright viennent brutalement rappeler que le Proche-Orient est toujours une poudrière de massacres nationalistes et de guerres généralisées. Cela fait maintenant six semaines que le gouvernement sioniste soumet la population palestinienne des territoires occupés à un blocus de famine, qui assigne les habitants à résidence dans leurs villes et leurs villages, empêche les ouvriers de se rendre à leur travail, bloque l'approvisionnement en produits alimentaires et en produits de première nécessité. En même temps, Israël a multiplié les bombardements aériens et d'artillerie ainsi que les raids de commandos meurtriers contre le sud-Liban. Et en août, le gouvernement de droite du premier ministre du Likoud Benyamin Netanyahu a annoncé des plans pour construire un barrage sur un territoire revendiqué par son voisin syrien.

Clinton a envoyé son émissaire au Proche-Orient dans l'espoir de ressusciter le "processus de paix" mensonger parrainé par les Etats-Unis entre Israël et l'Autorité palestinienne de Yasser Arafat. Si Albright a plaidé poliment auprès de Netanyahu pour qu'il agisse de façon moins "provoquante" envers son "partenaire de la paix", elle a ordonné avec arrogance à Arafat d'être plus "impitoyable" dans la répression contre le Hamas, le Djihad islamique et d'autres "terroristes". Et effectivement, la veille de la visite d'Albright, Arafat avait ordonné la rafle policière contre des sympathisants présumés du Hamas et, l'an dernier, plus de 900 personnes avaient été arrêtées lors d'une rafle en masse.

Même si la Maison Blanche de Clinton est loin d'être satisfaite du régime israélien actuel dont les actes ouvertement provocateurs ont même suscité l'hostilité de régimes clients des Etats-Unis aussi dociles que l'Egypte et l'Arabie Saoudite, Washington continue de soutenir l'Etat sioniste à coups de milliards de dollars en armements et en crédits. Comme l'a récemment établi le journal londonien Independant (24 juin), les bombes et les missiles qui ont été utilisés l'année dernière dans l'opération israélienne "Raisins de la colère" pour bombarder le sud-Liban et chasser de chez eux un tiers de ses habitants, avaient presque tous été livrés par le Pentagone. Pendant ce temps, un représentant de la CIA sert de "médiateur" dans la collaboration entre Israël et les forces d'Arafat dans le domaine de la "sécurité", pour pourchasser les dissidents palestiniens. Nous disons: A bas la sanglante "Pax Americana" antipalestinienne - Impérialistes, bas les pattes devant le Proche-Orient!
A l'époque de la signature de l'accord Israël-OLP sur la pelouse de la Maison Blanche, en 1993, beaucoup de libéraux et de réformistes ont fait écho à l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) d'Arafat et ont salué cet accord comme un pas vers la libération nationale des Palestiniens. Au contraire, la Ligue communiste internationale a dénoncé cette "paix" de l'oppresseur, qui "n'offrait même pas l'expression la plus déformée de l'autodétermination" et qui, en revanche, "apposait le sceau de l'OLP sur l'oppression nationale des masses arabes palestiniennes opprimées depuis si longtemps" ("Accord Israël-OLP pour un ghetto palestinien", le Bolchévik n°125, novembre-décembre 1993).

Arafat homme de paille de la répression sioniste

Ces dernières années, les zones arabes de Gaza et de Cisjordanie sont de facto sous un état de siège permanent, même quand elles ne sont pas officiellement bouclées. Le dernier bouclage, imposé comme "punition collective" pour un attentat à la bombe perpétré par des islamistes à Jérusalem fin juillet, n'a fait qu'exacerber le désespoir déjà largement répandu parmi les Palestiniens. La réaction, prévisible, est arrivée la veille de la visite Albright, quand trois autres kamikazes ont fait exploser à Jérusalem dans une rue commerçante bondée, les bombes qu'ils transportaient, tuant quatre personnes en plus d'eux-mêmes.

Nous condamnons de tels actes de terreur indiscriminée, qui visent non pas les forces armées de l'Etat sioniste ou ses auxiliaires, les "colons" fascisants, mais prennent pour cibles tous les Juifs et tuent aussi des résidents arabes. De tels actes sont conformes aux vils objectifs antisémites-et anti-femmes- du Hamas, dont le but, qui est de créer un régime khomeinyste dans les territoires occupés, est le reflet de celui recherché par les réactionnaires religieux juifs fascisants qui visent à créer en Israël un régime totalement théocratique basé sur l'ancien testament.

Mais on nage en pleine hypocrisie quand les assassins terroristes de l'Etat bourgeois israélien, qui ont infiniment plus de moyens, accusent de façon hystérique Arafat de protéger des "terroristes" du Hamas et du Djihad islamique. C'est avec l'appui d'Israël que le Hamas a étendu son influence dans les années 1980, pendant lesquelles il fut délibérément encouragé pour faire contrepoids au Fatah d'Arafat et aux autres formations nationalistes laïques au sein de l'OLP et autour d'elle. Si, comme on l'affirme aujourd'hui, le Hamas bénéficie maintenant d'un soutien atteignant le tiers de la population palestinienne (y compris beaucoup d'anciens militants du Fatah), cela donne la mesure du désespoir et de la frustration auxquels les masses des territoires occupés ont été conduites par les accords de "paix" parrainés par les Etats-Unis, si l'on se rappelle que les ouvriers et l'intelligentsia palestiniens étaient jusqu'à ces dernières années parmi les plus cosmopolites du Proche-Orient.

Les mises en garde que nous avions lancées à l'époque comme quoi les accords de "paix" de 1993 mèneraient à ce que "des flics de l'OLP, armés et payés par Israël, tuent de jeunes rebelles palestiniens pour le compte des terroristes de l'Etat sioniste" ont été amplement confirmées. Le régime fantoche d'Arafat est, dans les faits, un Etat policier où les flics palestiniens remplacent les forces d'occupation israéliennes comme tortionnaires et bourreaux. Cette répression est particulièrement dirigée contre les travailleurs palestiniens. Ainsi, lorsqu'au début de cette année, les enseignants de Cisjordanie ont mené pendant deux moins la première grève ouvrière sous le régime d'Arafat, des flics palestiniens ont été envoyés pour arrêter les dirigeants syndicaux et casser la grève.

Particulièrement depuis l'élection de Netanyahu, il y a 16 mois, Israël a fait tout ce qui était en son pouvoir pour humilier et provoquer les masses palestiniennes, depuis le percement, l'année dernière, d'un tunnel sous un lieu saint à Jérusalem et le massacre de sang froid de plus de 60 manifestants arabes, jusqu'à la décision, au printemps dernier, de construire de nouveaux logements juifs dans le quartier arabe de Jérusalem Est. L'année dernière, Israël a également annulé les "autorisations de séjour" à Jérusalem de plus d'un millier de Palestiniens qui y avaient habité toute leur vie. Les réquisitions de terre et les destructions au bulldozer de maisons et de commerces arabes se sont poursuivis à un rythme effréné. L'accord tant vanté qui plaçait la ville de Hebron en Cisjordanie sous statut d'"autonomie" palestinienne a donné 20% de cette ville arabe de 100 000 habitants à plusieurs centaines de "colons" sionistes fanatiques armés jusqu'aux dents, et divisé le reste en deux ghettos palestiniens entourés de postes de contrôle militaires israéliens.

Ce genre de mesures vise à éliminer toute concentration de population arabe dans les frontières en perpétuelle expansion de "Grand Jérusalem", et à faire en sorte que l'Autorité palestinienne ne garde une souveraineté nominale que sur une poignée de cantons arabes isolés en Cisjordanie. C'était en fait le but des accords de "paix" de 1993 négociés par le précédent gouvernement israélien dirigé par les "travaillistes", parti totalement bourgeois, architecte des visées expansionnistes de l'Etat sioniste qui, en 1967, a mené la conquête des territoires occupés.

La poudrière du Proche-Orient

Erigé sur l'expulsion de centaines de milliers d'Arabes de leur domiciles et de leur patrie-d'abord en 1947-48 et à nouveau en 1967- et encerclé par des régimes arabes hostiles, Israël est depuis sa création un Etat-guarnison fortement militarisé. Cela rend la société juive israélienne très sensible à tout ce qui peut ressembler à une défaite militaire face à des forces arabes. C'est ce qui explique le tintamarre autour de la mort d'une dizaine de membres d'une unité navale israélienne d'élite, la "Flottille 13", lors d'un raid de commando au Liban début septembre.
La multiplication du nombre de tués en 15 ans d'occupation par Israël de sa "zone de sécurité" au sud-Liban a conduit, même des politiciens ultra-chauvins comme Ariel Sharon- qui a mené l'invasion du Liban en 1982 et qui a ordonné le massacre de centaines de Palestiniens désarmés dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila- à appeler au retrait des forces sionistes de ce pays. Nous exigeons le départ des soldats et des "colons" israéliens du sud-Liban, du plateau du Golan et de Gaza et de Cisjordanie!

Le Proche-Orient a historiquement été une poudrière pour les conflits et les guerres impérialistes, et les provocations sionistes poussent toujours davantage dans cette direction. Il n'y aura pas de paix dans cette région volatile sous le régime capitaliste. L'existence même de l'Etat sioniste repose sur l'oppression nationale du peuple palestinien. Dans la Jordanie voisine, le royaume hachémite maintient sous sa coupe une population majoritairement palestinienne, tandis que des centaines de milliers de palestiniens "apatrides" languissent depuis deux générations dans de misérables camps de réfugiés contrôlés par les bourgeoisies arabes.

La ligue communiste internationale a toujours été le défenseur conséquent des droits du peuple palestinien. Mais contrairement à la pléthore de prétendues organisations "de gauche" qui se sont mises à la remorque du nationalisme palestinien petit-bourgeois pour finir par accepter la "Pax Americana" antipalestinienne, les trotskystes luttent pour une perspective prolétarienne de classe au Proche-Orient. Il est clair que les masses palestiniennes ne peuvent pas arracher leur liberté contre l'Etat sioniste par une confrontation militaire, et encore moins en s'en remettant aux "bons offices" de l'impérialisme américain. Et les bourgeoisies et les émirats féodaux arabes, nonobstant le mythe d'une "révolution arabe" sans contenu de classe colporté par des groupes comme les pseudo-trotskystes du Secrétariat unifié dans les années 1960 et 1970, ne sont pas moins les ennemis du peuple palestinien- et de tous les travailleurs et opprimés de la région- que les assassins sionistes. Pour justifier leur suivisme derrière les bourgeoisies arabes et les nationalistes revanchistes, ces groupes "de gauche" ont tiré un trait d'égalité entre les masses de langue hébraïque et la classe dirigeante sioniste, et ont nié qu'un "peuple oppresseur" a des droits nationaux, appelant dans les faits à renverser les termes de l'oppression.

Comme Chypre, l'Irlande du Nord, Sri Lanka et l'ex-Yougoslavie - entre autres -, Israël/Palestine représentent une situation de peuples interpénétrés, c'est-à-dire dans laquelle deux ou plusieurs peuples revendiquent le même territoire. Dans de telles situations, sous le capitalisme - dans lequel le pouvoir d'Etat est nécessairement dominé par une seule nation-, le droit démocratique à l'autodétermination nationale ne peut être réalisé pour un peuple sans violer les droits nationaux de l'autre.

L'histoire récente des Balkans le confirme sans ambages, de façon tant positive que négative. Ce n'est qu'après une révolution sociale - bien que déformée dès l'origine sous la direction des staliniens de Tito- que les divers peuples slaves ont pu coexister paisiblement. D'un autre côté, la contre-révolution capitaliste qui a détruit l'Etat ouvrier déformé yougoslave a été accompagnée par un carnage nationaliste perpétré par tous les camps en conflit, chaque peuple cherchant à consolider un Etat-Nation bourgeois homogène en chassant les autres de "son" territoire par des pogromes et des transferts forcés de populations.

Cela s'est vérifié non seulement s'agissant des Serbes, plus nombreux et militairement plus puissants, qui ont été particulièrement vilipendés par la presse occidentale, mais également des Croates et des Musulmans bosniaques. En fait, l'histoire de la Bosnie est une leçon de choses sur ce qui arrive lorsque les termes de l'oppression sont renversés. Ces dernières années, quand des territoires ont changé de mains, les chauvins parmi les Musulmans bosniaques, lorsqu'ils en ont eu l'occasion, n'ont pas été moins impitoyables quand il s'est agi de terroriser et d'expulser les Serbes bosniaques que les Serbes l'avaient été en chassant les Musulmans.

Au Proche-Orient, les revendications nationales conflictuelles des masses arabes palestiniennes et de celles de langue hébraïque ne peuvent être équitablement satisfaites qu'en balayant toutes les bourgeoisies de la région. Il faut faire exploser l'Etat sioniste de l'intérieur en arrachant les travailleurs de langue hébraïque à l'emprise du chauvinisme raciste, et en les gagnant à la cause de la révolution prolétarienne en alliance avec leurs frères et soeurs de classe arabes. Des décennies de terreur d'Etat sioniste et de nationalisme meurtrier dans tous les camps ont empoisonné les rapports entre les travailleurs arabes et ceux de langue hébraïque. Mais il existe une riche histoire d'unité de classe prolétarienne dans cette région, qui montre la voie.
Les partis communistes des premières années en Irak, en Egypte et dans d'autres pays arabes avaient comme particularité de compter un nombre significatif de Juifs et d'autres minorités dans leurs rangs et dans leurs directions. Et dans les années qui précédèrent la création de l'Etat sioniste, il y eut de nombreux exemples d'unité de classe dans la Palestine sous contrôle britannique. En septembre 1945, deux ans seulement avant le début du massacre nationaliste, des centaines de grévistes arabes et juifs défilaient dans les rues de Tel Aviv aux cris de "Vive l'unité entre les ouvriers arabes et juifs " et "Les ouvriers arabes et juifs sont frères", tandis que, comme le rapportait à l'époque le quotidien de langue hébraïque Ha'aretz, " des foules entières se bousculaient des deux côtés des rues pour regarder ce spectacle extraordinaire" (cité dans Comrades and Ennemies [Camarades et ennemis], Zachary Lockman, University of California Press, 1996).

Nous luttons pour des partis trotskystes qui se réapproprieront cette histoire de lutte de classe unie, partie intégrante de la lutte pour gagner les masses ouvrières de la région-à la tête de la paysannerie et de nombreuses nationalités opprimées- au drapeau de l'internationalisme prolétarien. Pour une fédération socialiste du Proche-Orient!

-Traduit de Workers Vanguard n°674

Notre drapeau est rouge! (Le Bolchévik)

Notre drapeau est rouge!
Le 30 mars, au lendemain de la manifestation de protestation contre le congrès du FN à Strasbourg, l'équipe de la LCI, composée de camarades de la LTF et du SpAD, notre section en Allemagne, est intervenue dans un forum organisé dans le cadre de la mobilisation du "Comité de vigilance" (contre l'extrême droite), sur le thème de l'immigration.

A la tribune, entre autres, Mouloud Aounit du MRAP, Fodé Sylla de SOS-Racisme, Ababacar Diop - représentant des "sans papiers". 350 personnes, dont une bonne partie de jeunes, en particulier de la deuxième génération, assistaient à ce forum. Les interventions de la tribune offraient comme perspective de se battre pour empêcher "l'image démocratique de la France" d'être "salie par les idées du FN", et la défense des "valeurs républicaines".
Après avoir dénoncé les politiques racistes menées par les gouvernements PS-PCF, et les tentatives pour canaliser les jeunes dans une voie de "capitalisme à visage humain", une de nos camarades est intervenue pour dénoncer la présence le veille, dans le cortège officiel de tête, de drapeaux bleu-blanc-rouge, criant que "c'est à vomir", sous les applaudissements d'une partie de la salle et les huées de l'autre. Elle rappellera ensuite que "ce drapeau est celui des massacres de centaines de milliers de gens, des peuples coloniaux, comme par exemple le peuple algérien".Cette intervention provoqua un débat passionné, la tribune répondant pratiquement immédiatement pour expliquer, par la voix d'Aounit, qu'"il ne faut pas laisser le drapeau national au FN".

Avec cette ligne, les sociaux-démocrates cherchent à mobiliser derrière leur propre bourgeoisie. Ils veulent faire croire qu'il y a un intérêt commun entre la classe bourgeoise d'un côté et la classe ouvrière et les opprimés de l'autre - tous luttant pour un soi-disant but commun, la patrie "démocratique".

En 1789, au moment de la Révolution française, le drapeau tricolore était, dans toute l'Europe, le point de ralliement du progrès, parce qu'il était le symbole du renversement du féodalisme- un progrès historique qui a libéré la société du carcan du féodalisme, permettant l'essor des science, de la culture et des forces productives. Mais en 1848 et 1871, des rivières de sang ont séparé le drapeau tricolore de la bourgeoisie et le drapeau rouge de la classe ouvrière. En 1871, le sang de 40 000 communards a coulé entre le drapeau tricolore des fusilleurs versaillais et le drapeau rouge de la Commune de Paris. Le drapeau bleu-blanc-rouge est aujourd'hui celui du chauvinisme impérialiste de notre ennemi de classe, la bourgeoisie française, le drapeau des sales guerres coloniales et des guerres mondiales impérialistes.

En 1914-18 et en 1939-45, durant les Première et Deuxième Guerres mondiales, c'est derrière ce drapeau que la bourgeoisie a envoyé à la mort, par millions, les jeunes ouvriers et paysans, comme chair à canon, pour défendre ses intérêts de rapine contre ses rivaux impérialistes. De Sétif à la guerre du Golfe, en passant par Madagascar et les guerres d'Indochine et d'Algérie, c'est derrière ce drapeau que l'impérialisme français a envoyé sa soldatesque pour massacrer les peuples coloniaux et leur sucer le sang. C'est derrière ce drapeau que les paras et les légionnaires terrorisent les peuples d'Afrique pour protéger des dictatures néo-coloniales corrompues.

C'est aussi pour que ce drapeau continue à flotter en Nouvelle-Calédonie qu'Eloi Machoro et les combattants kanaks d'Ouvéa ont été massacrés par les tueurs de l'Etat français. C'est ce drapeau tricolore qui flotte sur le commissariat du XVIIe arrondissement de Paris, là où Makomé Mbowole a été assassiné par les flics. C'est l'écusson tricolore à la manche que les flics ont assassiné Malik Oussékine.

Non, le drapeau tricolore n'est pas notre drapeau, c'est le drapeau de nos ennemis de classe. Nous laissons aux fascistes, aux bourgeois et à leurs larbins réformistes leur torchon tricolore, maculé du sang des ouvriers et des opprimés. Notre drapeau, c'est le drapeau rouge de la Commune et de la révolution d'Octobre, la première révolution ouvrière victorieuse. Rappelant notre combat pour que "tous ceux qui sont ici doivent pouvoir y rester" et pour les "pleins droits de citoyenneté pour tous les immigrés", notre camarade a conclu: "La dernière fois dans l'histoire où les pleins droits de citoyenneté sont devenus une réalité, c'était en 1917, quand la bourgeoisie a été renversée par une révolution socialiste, avec la victoire de la classe ouvrière sous la direction d'un parti révolutionnaire, le Parti bolchévique." (Le Bolchévik 142, 1997ko udaberria)


Estatua eta Iraultza (Lenin) [1. kapitulua, 1. puntua]

I. KAPITULUA

Klase-gizartea eta Estatua
1.- ESTATUA, KLASE ARTEKO
KONTRAESANEN IZAERA
ERAMANGAITZAREN PRODUKTUA

Marxen doktrinarekin gaur egun, historian pentsalari iraultzaileen
doktrinarekin eta askatasunaren aldeko borrokan klase
zapalduen buruzagien doktrinarekin behin eta berriz gertatu
dena gertatzen da. Iraultzaile handien bizitzan, klase zapaltzaileek
etengabeko jazarpenetara azpiratzen dituzte, beren
doktrinak haserrerik basatienarekin, gorrotorik amorratuenarekin,
gezur eta kalumnien kanpainarik neurrigabeenarekin
hartzen dituzte. Beren heriotza ostean, minik ematen ez duten
ikono bihurtzen saiatzen dira, kanonizatzen, nolabait esatearren,
beren izenak loriazko aureola batez inguratzen, horrela
klase zapalduak “kontsolatu” eta engainatzeko, beren doktrina
iraultzailearen edukia zikiratuz, honen sorbatz zorrotza kamustuz,
hau baliogabetuz. Marxismoaren halako “konponketaren” aurrean elkar eskua ematen dira gaur egun burgesia eta langile
mugimenduaren barnean oportunistak. Ahaztu egiten dute,
bigarren maila batera baztertzen dute, desitxuratu egiten dute
doktrina honen aspektu iraultzailea, bere izpiritu iraultzailea.
Lehen mailan jarrarazten dute, goretsi egiten dute burgesiarentzat
onargarria dena edo hori ematen duena. Sozialchauvinista
guztiak dira gaur egun —bromak alde batera utzita!—
“marxistak”. Eta gero eta maiztasun handiagoz, zientzialari burges
alemaniarrek, atzo oraindik marxismoa birrintzen espezialistak
zirenak, gaur Marx nazional alemaniar batetaz hitz
egiten dute, hauen arabera, hain zoragarriki antolaturiko langile
elkarte hauek hezi zituela harrapakeria gerra aurrera eramateko!

Horrelako egoeraren aurrean, marxismoaren desitxuratzearen
zabalkunde ikaragarri honen aurrean, gure eginkizuna,
batez ere, Marxen Estatuari buruzko benetako doktrina
berreskuratzean datza. Honetarako beharrezkoa da Marxen
eta Engelsen lanetako pasarte sorta oso bat aipatzea. Noski,
aipamen luzeek azalpena pisutsua egiten dute eta ez dute
ezertan laguntzen honi izaera herrikoi bat ematen. Baina erabat
ezinezkoa da hauek alde batera uztea. Ez dago Marx eta
Engelsen lanetako Estatuaren inguruko pasarte guztiak, edo,
gutxienez pasarte erabakigarri guztiak, ahal den modurik zabalenean
aipatzea beste erremediorik, honela, irakurleak bere
kabuz sozialismo zientifikoaren sortzaileen ideien multzoaren
eta hauen garapenaren nozio bat osatu dezan, hala nola, dokumentalki
frogatua eta argitasun osoz agerian utzia izan dadin,
gaur egun nagusi den “kautskysmoak” egindako ideia hauen
desitxuratze guztia.

Has gaitezen F. Engelsen lanik ezagunenarekin:
Familiaren,
jabetza pribatuaren eta Estatuaren jatorria
. Bere seigarren
argitalpena jada 1894an izan zen argitaratua Stuttgarten. Komenigarria
da aipamenak jatorrizko alemaniarretik itzultzea,
itzulpen errusiarrak, hainbeste izanik, zati handi batean osatugabeak
edo eskasak baitira.

“Estatua —dio Engelsek, bere analisi historikoa laburtuz—
ez da inondik inora gizarteari kanpotik inposaturiko botere
bat; ez da ‘ideia moralaren errealitatea’, ezta ‘arrazoiaren
irudia eta errealitatea’ ere, Hegelek baieztatzen duen moduan. Hobe esanda, gizartearen produktu bat da, hau garapen maila
jakin batera iristen denean; gizarte hau bere buruarekin
erremedia ezinezko kontraesan batean korapilatu denaren eta
uxatzeko gai ez den antagonismo eramangaitzetan zatiturik
dagoenaren aitorpena da. Baina antagonismo hauek, borrokan
dauden interes ekonomikoak dituzten klase hauek, beraien artean
jan ez daitezen eta gizartea borroka antzu batean ahitu
ez dezaten, beharrezkoa gertatzen da itxuraz gizartearen gainetik
kokaturik dagoen botere bat, talka leundu dezan eta hau
‘ordenaren’ mugetan mantendu dezan. Gizartetik jaiotako botere
hori, baina beraren gainetik jarri eta berarengandik geroz
eta gehiago banatzen den hori da Estatua” (177-178 orr. Seigarren
argitalpen alemaniarra).

Hemen, argitasun osoz adierazirik agertzen da, Estatuaren
paper historikoari eta esanahiari dagokionean marxismoak
duen funtsezko ideia. Estatua klase arteko kontraesanen
izaera eramangaitzaren produktua eta seinalea da. Estatua,
klase arteko kontraesanak objetiboki adiskidetu ezin diren lekuan,
momentuan eta graduan sortzen da. Eta alderantziz:
Estatuaren existentziak klase arteko kontraesanak eramangaitzak
direla frogatzen du.

Puntu garrantzitsu eta kardinal honetan hasten da, hain
zuzen ere, oinarrizko bi norabide jarraitzen dituen marxismoaren
desitxuratzea.

Alde batetik, ideologo burgesek eta burges txikiek, gertaera
historiko eztabaidaezinengatik Estatua klase arteko kontraesanak
eta klase arteko borroka dagoen tokian bakarrik
existitzen dela onartzera behartuta egonik, halako moduan
“zuzentzen” dute Marx, ezen Estatua, klaseen adiskidetzerako
organo bezala agerrarazten duten. Marxen arabera, Estatuak
ezingo luke sortu ezta mantendu ere klaseen adiskidetzea posible
balitz. Irakasle eta publizista zikoitzen eta filistearren
arabera —pauso bakoitzeko, borondate onez, Marx inbokatzen
dutela!— klaseak adiskidetzen dituena hain zuzen ere Estatua
da. Marxen arabera, Estatua klaseko dominazio organoa da,
klase batek bestea zapaltzeko organoa; klaseen arteko talkak
leunduz, zapalkuntza hau legeztatzen eta finkatzen duen “ordenaren”
sorkuntza da. Politiko burges txikien ustez, ordena,
hain zuzen ere klaseen arteko adiskidetzea da eta ez klase batek haubestea
zapaltzea. Talkak leuntzeak beraientzat adiskidetzea
esan nahi du, eta ez klase zapalduei beren zapaltzaileak azpiratzeko
borroka bide eta prozedura jakin batzuk kentzea.

Adibidez, 1917ko iraultzan zehar, Estatuaren esanahiaren
eta paperaren arazoa bere tamaina osoan planteatu zenean,
eremu praktikoan, berehalako ekintzarako arazo bezala
eta, gainera, masen ekintza bezala; sozial-iraultzaile guztiak
(eseristak) eta mentxebike guztiak, bat-batean eta erabat, “Estatuarengatiko” klaseen “adiskidetzaren” teoria burges txikian
jausi ziren. Bi alderdi hauetako politikari hauen kontaezinezko
ebazpen eta artikulu pila daude “adiskidetzearen” teoria
zikoitz eta filistearraz saturaturik. Estatua klase jakin
baten dominazio organoa dela eta honek ezin duela bere antipodarekin
(klase kontrajarriarekin) adiskidetu, demokrazia
burges txikiak inoiz ulertu ezingo duen zerbait da. Estatuarenganako
duten jarrera da, gure sozial-iraultzaileak eta mentxebikeak
inondik inora sozialistak ez direla erakusten duen
sintoma nabarmenetako bat (guk boltxebikeok beti mantendu
dugun moduan), fraseologia ia sozialista bat duten demokrata
burges txikiak direla adierazten duelarik.

Beste aldetik, marxismoaren desitxuratze “kautskiarra”
dezente zoliagoa da. “Teorikoki” ez da ukatzen Estatua klase
dominazioko organoa denik, ezta klase arteko kontraesanak
eramangaitzak direnik ere. Baina aintzakotzat hartzen ez
dena edo ezkutatzen dena ondorengoa da: Estatua klaseen arteko
kontraesanen izaera eramangaitzaren produktua bada,
gizartearen gainetik dagoen eta gizartetik “
gero eta gehiago
dibortziatzen den
” indar bat bada, argi geratzen da klase zapalduaren
askapena ezinezkoa dela, ez bakarrik iraultza biolento
bat gabe, baita estatu boterearen aparatuaren suntsiketarik
gabe ere, hau klase dominatzaileak sortua izan den eta
“dibortzio” honen gorpuztea den aldetik. Geroago ikusiko dugun
moduan, Marx, iraultzaren eginkizunen analisi historiko
konkretuaren bidez, zorroztasunik osoenarekin iritsi zen berez
teorikoki argia den ondorio honetara. Eta ondorio hau da hain zuzen ere —ondorengo orrialdeetan xehetasun osoz azalduko
dugun bezala— Kautskyk… “ahaztu” eta faltsutu duena.

Torturarik ez!


Donosti, 2010-10-30

The way forward for the Tamils (Edmund Samarakkody)

The way forward for the Tamils

There is simply no solution to the oppression of the Tamils in Sri Lanka within the framework of capitalism – this is clear enough from all that has happened, and from the present policies of the two main Sinhala bourgeois parties, the UNP and SLFP. Only through the overthrow of capitalism and the establishment of socialism is it possible to lay the foundations for equal rights for Tamils in relation to the majority Sinhala people.

But there is no question of waiting for this solution to fall from the skies. The struggle for the rights of the Tamils must continue, but with different methods. It is basic to the success of this struggle that all sections of the Tamil masses must be mobilised on the basis of their separate demands for struggle against the capitalist government of Jayewardene. Such mobilisation of the Tamil masses need not and cannot be separated from the mobilisation of the Sinhala masses who are also suffering under the oppressive Jayewardene government in numerous ways. Such joint mobilisation will not be a dream if the left parties break sharply from opportunism and Sinhala chauvinism and adopt an anti-capitalist perspective.

It is inescapable that such mobilisation and such struggle calls for revolutionary leadership that has to be built from revolutionaries among the Tamils, the Sinhalese and all sections of the workers and toilers irrespective of nationality, religion or caste. And in regard to the problems of the Tamil people such a leadership must take its stand by unequivocally supporting the rights of the Tamils to self-determination, that is the right to a separate state.
http://www.marxists.org/history/etol/writers/samarakkody/1984/tamils.htm

Euskal Herriko armarria

Euskal Errepublika sozialista

WV

Hiritartasun eskubide guztiak etorkin guztientzat!

Klase borroka erretreten erreformaren kontra

Jendetza handia atera da berriro karrikara Baionan, erretreten erreformaren aurka

Era berean, Frantziako findegi guztiek greban jarraitzen dute, eta mobilizazio handiak egiten ari dira hiri nagusietan. Lanari uzteko adina 62 urtera atzeratuko lukeen erreforma bertan behera uztera behartu nahi dute Frantziako Gobernua.

Berria.info 2010-10-16 - 13:26:58

Orain arteko protestei entzungor egin die Frantziako Gobernuak erretreten erreformaren auzian, baina sindikatuek eta herritarrek ez dute etsi, eta mobilizazioak egiten jarraitzen dute.

Hain justu, mobilizazio eguna da gaurkoa berriro ere Frantziako Estatuan, eta Euskal Herrian izan du isla: manifestazioa egiten ari dira Baionan sindikatuek antolatuta, eta aurrekoak bezala, jendetsua gertatzen ari da. Antolatzaileek ez dute oraindik parte-hartzaile kopururik eman, baina lekuko izan diren kazetarien arabera, azkenaldikoen antzekoa izan da. Joan den asteartean egin zen azkenekoz erretreten errerformaren aurka manifestazioa Baionan, eta orduan 17.000 laguneko kopurua eman zuten sindikatuek.

Frantziari dagokionez, greba eta mobilizazioak sortzen ari diren arazoak gero eta handiagoak dira. Esaterako, petrolio findegi guztiak geratuta daude langileak lanuztean direlako, eta, ondorioz, erregai hornikuntzan arazo handia gertatzekotan da. Parisko Charles de Gaulle aireportuko arduradunek onartu dute astelehena arteko erregaia soilik dutela. Eskasia beste aireportu eta garraiobideetara zabaltzea gerta daiteke datozen egunetan.



http://www.berria.info/albisteak/44171/jendetza_handia_atera_da_berriro_karrikara_baionan_erretreten_erreformaren_aurka.htm

Gonzalo De la Peña Gumuzio, hiltzaile falangista

Gonzalo de la Peña Gumuzio, faxista!

Mikel Torres (PSE-EE, PSOE) Portugaleteko alkatea


Nacionalsocialismo en Euskal Herria: Mikel Torres (PSOE), alcalde de Portugalete (Bizkaia), de cena con conocida activista fascista.

Urriak 12 greba eta manifestazioak


Denok karrikara! Denok grebara! Denok Baionara! Baiona/Bayonne, 12 octobre 2010.

Trotskyists in Germany: Free Mumia Abu-Jamal!

Mumia Abu-Jamal askatu!

Espartakistak: "Laugarren Internazionala berreraiki!"

"Reforge de Fourth International! World party of socialist revolution! -Spartacist-"

GARA publica fotos manipuladas de militantes comunistas




'Gara', espainolez idatzitako Hego Euskal Herriko egunkari antikomunistak, Errusiar Iraultzako argazki manipulatuak argitaratu ditu Zazpikan, bere igandeko aldizkarian (2010eko urriak 3).

Nabaria da ezker abertzaleko egunkari ofiziosoaren jarrera antikomunista. Oraingoan ere stalinistek manipulatutako argazkiak plazaratu ditu Urriko Iraultzaren kontra jotzeko, langileriaren historia loriatsua zikindu eta distortsionatzeko helburuarekin.

Zazpika:
Goiko argazkian Lenin ageri da mitin bat ematen, Kamenev eta Trotsky ezabatuak izan dira, ordea.

Beheko argazkia ere manipulatua izan da Stalin Leninen gertuko zela irudikatu asmoz.
'Gara', periódico anticomunista de Hego Euskal Herria escrito en español, ha publicado en Zazpika, su revista dominical (3 de octubre del 2010), unas fotografías manipuladas de la Revolución Rusa.
La actitud anticomunista de Gara, el periódico oficioso de la izquierda abertzale, es evidente. En esta ocasión ha publicado fotografías manipuladas por los stalinistas para arremeter contra la Revolución de Octubre, con el objetivo de ensuciar y distorsionar la gloriosa historia de la clase obrera.
Zazpika:
En la imagen superior Lenin aparece en un mitin, pero Kamenev y Trotsky han sido eliminados.
También la imagen inferior fue manipulada para que Stalin parezca próximo a Lenin.

Trotskistak Alemanian

"Brecht mit SPD und PDS! Für eine revolutionäre multiethnische Arbeiterpartei!"
(Hautsi SPD eta PDSrekin! Langileen alderdi iraultzaile multietniko baten alde!)

Frederick Douglass

"Borrokarik gabe, aurrerapenik ez"

'Erreforma edo Iraultza' (Rosa Luxemburg)

Egilearen hitzaurrea


*["Sozialdemokrazia" hitzak garai hartan, gaur ez bezala, esanahi erradikala zuen]

Lehen begiratuan, lan honen izenburuak harrigarria eman dezake:
Erreforma edo Iraultza. Egon al daiteke sozialdemokrazia
erreformen aurka? Ikus al ditzake iraultza soziala, ezarritako
ordenaren eraldaketa, bere azken helburua, eta erreforma
sozialak aurkako bezala? Noski ezetz. Sozialdemokraziarentzat,
erakunde demokratikoak lortzeko eta, ezarritako ordenaren barnean,
langileen baldintzak hobe ditzaketen erreforma sozialak
eskuratzeko egiten den eguneroko borroka klase borroka proletarioa
bideratzeko eta azken helburuaren alde lan egiteko
bide bakarra da; hau da, botere politikoaren konkistaren eta
soldatapeko lanaren sistemaren abolizioaren alde. Sozialdemokraziarentzat,
apurtu ezinezko lotura bat aurkitzen da erreformaren
eta iraultzaren artean: erreforma sozialen aldeko borroka
bitartekoa da, iraultza sozialaren aldeko borroka helburua
den bitartean.

Eduard Bernstein izan zen langile mugimenduko bi aspektu
hauek kontrajartzen lehena, Sozialismoaren arazoak deituriko
artikuluetan, Neue Zeit-en (1897-98), eta bereziki bere
Sozialismoaren
premisak eta sozialdemokraziaren eginkizunak
liburuan. Bere teoria osoa, praktikan, iraultza soziala alde batera
uztera gomendatzera mugatzen da, sozialdemokraziaren
azken helburua baztertzera, eta erreforma sozialak klase borrokaren
bitarteko bilakatzetik helburu bilakatzera. Bernstein
berak bere iritziak modu zehatz eta zorrotzenean eman ditu
aditzera honako hau idaztean: “Azken helburua, edozein dela
ere, ez da ezer; mugimendua da dena”.

Baina sozialismoaren azken helburuak bereizten du hain
zuzen mugimendu sozialdemokrata demokrazia burgesaren
eta erradikalismo burgesaren mugimenduetatik, helburu hori
da langile mugimendua, ordena kapitalista salbatzeko alferrikako
tramankulu bihurtu beharrean, ordena horren aurkako klase
borroka bilatzen duena, haren abolizioa eskuratzeko; modu
honetan, erreformaren edo iraultzaren auzia zentzu bernsteiniarrean,
sozialdemokraziarentzat, izatearen edo ez izatearen
auzia bilakatzen da. Beharrezkoa da Bernsteinekiko eta bere
jarraitzaileekiko eztabaida hau alderdikide guztiek borroka
modu bat edo beste bat hautatzearen inguruko auzi bat bezala
ez ikustea, edota taktika baten edo bestearen ingurukoa,
baizik eta mugimendu sozialdemokrataren existentzia bera
dagoela jokoan.

[Bernsteinen teoriaren azaleko hausnarketa bat egin duenari,
hau gehiegikeria bat irudituko zaio. Bernsteinek ez al du
bada aldi oro sozialdemokraziaz eta bere helburuez hitz egiten?
Ez al du bada, berak ere azken helburu den sozialismoagatik
borrokatzen duela etengabe errepikatzen, beste era batean borrokatzen
duela badio ere? Ez al du bada sozialdemokraziaren
egungo praktika ia erabat onartzen duela adierazten, temati
ere ipintzerarte? Hau guztia egia da, noski. Baina era berean
egia da baita ere mugimendu berri oro, bere teoria eta politika
lantzeko, aurreko mugimenduan oinarritzen dela, nahiz eta berriaren
esentzia kontraesan zuzenean aurkitu iraganekoarekin.
Mugimendu berri oro lehendik aurkitu dituen formetara
moldatuz hasten da eta bere aurretik hitz egiten zen lengoaia
hitz egiten du. Denboraren igaroarekin soilik irteten da kimu
berria zuhaitz oskol zaharretik, eta korronte berriak bere forma
eta bere lengoaia aurkitzen ditu.

[Sozialismo zientifikoaren oposizio batek, sozialdemokraziaren
oinarri teorikoei modu ireki eta irmo batean uko eginez,
hasera haseratik eta azken ondorioetararte bere esentzia modu
argi batean erakutsiko duela espero izatea, sozialismo zientifikoaren
boterea gutxiestea da. Gaur egun sozialista itxuraz
bere burua aurkeztu nahi duenak eta aldi berean doktrina marxistari,
mende honetako giza espirituaren produkturik geinuzkoenari,
gerra aldarrikatu nahi dionak, marxismoari berari
omenaldi inkontziente bat eginez hasi behar du: bere burua
doktrinaren diszipulutzat aitortuz, bertan berau erasotzeko sostenguneak
bilatuz, eta era berean bere erasoak marxismoaren
garapen berri bat bezala aurkeztuz. Arrazoi honengatik, premiazko
beharra da gure alderdiko industria langile talde handiek
Bernsteinen teoriaren esentzia atzematea, bere kanpoitxurek
engainatu ez ditzaten.

[Ez dago langile klasearen aurkako irain lotsagabeagorik,
ez gezur doilorragorik, eztabaida teorikoak “akademikideen”
auzi soilak direla baieztatzea baino. Lassallek4 bere garaian esan
zuen zientzia eta langileak, gizarteko bi aurkako polo horiek, bat
izatera iristen zirenean soilik suntsituko zituztela euren beso indartsuen
artean kulturaren oztopo guztiak.
Langile mugimendu
modernoaren botere osoa jakintza teorikoan aurkitzen da
.]

Ezaguera teoriko hau bi bider garrantzitsua da langileentzat
orain lantzen ari garen kasu honetarako, beraiei buruz
eta mugimenduan duten eraginari buruz ari baita; euren buruari
ipini zaio salneurria oraingo honetan. Alderdiko korronte
oportunista, Bernsteinek teorikoki gorpuztu duena, alderdiari
gehitu zaizkion elementu burges txikien nagusigoa bermatzeko
saiakera inkontziente bat besterik ez da, hau da,
aldediaren politika eta helburuak espiritu burges txikiari moldatzeko
saiakera bat da soilik. Erreformaren edo iraultzaren
auzia, mugimenduarena edota azken helburuarena, oinarrian
langile mugimenduaren izaera burges txikiaren edota proletarioaren
auzia besterik ez da.

[Zio honengatik, alderdiaren oinarri proletarioaren interesekoa
da, ahal besteko dedikazio eta sakontasunarekin, oportunismoarekiko
eztabaida teoriko hontaz arduratzea. Ezaguera
teorikoak “akademikide” gutxi batzuen pribilejio bat izaten jarraitzen
duen bitartean alderdiak desbideratzeko arriskua izango
du. Langile masa zabalek sozialismo zientifikoaren arma zorrotzari
eta eraginkorrari gogor eusten diotenean bakarrik hondoratuko
dira joera burges txiki guztiak, korronte oportunista
oro. Mugimendua orduan finkatuko da oinarri sendoen gainean.
“Kantitateak lortuko du”.]

Rosa Luxemburg
Berlinen, 1899ko apirilaren 18an

Urriak 2, larunbata: Manifestazio nazionala Baionan


Trotskyists: "Stop the KKK!"

"No lynch mob terror in New York!"


Trotskistak euskal presoen alde Frantzian

"Liberté immédiate pour les prisonniers d'Action Directe et les militants basques en France et en Espagne!" "Libération immediate de Mumia Abu-Jamal!" (CDDS)


15.000 lagun Baionako karriketan

Sindikatuek deitutako deialdiak erantzun zabala izan du Lapurdiko hiriburuan. Orain Hegoaldeko txanda da, irailaren 29an greba orokorrerako deia egin baitute zenbait sindikatuk.
Baiona 2010eko irailak 23 * Bayonne 23 septembre 2010 Manif syndicats

Irailak 27: 1975-2010 Herriak ez du barkatuko!


Sanchez Bravo, Baena, Garcia Sanz, Otaegi, Txiki
gogoan zaituztegu!

Trotsky eta Che Guevara Pakistanen

"Long live socialist revolution!"

Vejación sexual de la Guardia Civil contra protesta minera

Picolos retienen a dos personas y obligan a bajarse pantalones y calzoncillos. La retención y vejación sexual fue en el contexto de la huelga y enfrentamientos de los mineros de O Bierzo contra los esbirros de la burguesía española.
INDAR ERREPRESIBOAK APURTU!
Bideoa:

Rodolfo Ares, txakurra!


Adierazi EHren manifestazioa debekatu egin du espainiar justizia burges-inperialak.

Indar Gorri faxismoaren apologia egiten

Indar Gorri, Osasuna euskal futbol taldearen zaletu taldea, faxismoaren apologia egiten ari da.
Bere web-orrian azaltzen diren argazkitan zenbait zaletu agertzen dira bandera arrazistekin eta inperialistekin, inongo azalpenik egin gabe eta behin baino gehiagotan.
Bandera horiek nazio ezberdinetako talde faxistek erabiltzen dituzte, Frente Atletico, KKK, UltraSSur, horien artean.
JO TA KE FAXISMOAREN AURKA!
gora nafarroa gorria!

Ipar Euskal Herria: Borroka eguna erretreta erreformaren kontra (2010/9/7)


Baionako manifestazioaren argazkiak. Bertan langileen sindikatuek eta alderdiek parte hartu dute, horien artean CGT, LAB, FO, CFDT, PCF, PS, Batasuna, NPA, ...
Photos
Baiona, 2010eko irailak 7
Baiona-Bayonne (Pays Basque), 7 septembre 2010

Manifa Baionan ijitoen kontrako jazarpena salatzeko

"Xenofobia eta arrazakeriaren kontra
ASKATASUNA-BERDINTASUNA-ANAITASUNA" leloa zuen (frantsesez bakarrik idatzia) manifa egin da Baionan Frantses Errepublikak burutu dituen kanporatzeak gaitzesteko.

2010eko irailak 7, greba eta mobilizazio eguna

Pays Basque: Journée d’action le 7 septembre 2010.
Classe contre classe!
Klase borroka Ipar Euskal Herrian
Denok karrikara!Tous dans la rue!
DENOK BAIONARA!bayonne


Goizeko 10.30tan Santa Urtsula plazan, Baiona.

La Masacre del Filtro: 16. aniversario

Filtroko sarraskiaren 16. urtemuga
Fernando Morroni, Roberto Facal
¡PRESENTES!
¡En Uruguay y Euskal Herria, por el internacionalismo y el derecho de asilo! Herriak ez du barkatuko! Polizia hiltzailea!

Lenini (Roque Dalton)


LENINI

Nire sorterriko nekazarientzat
Leninen ahotsa nahi dut.
Nire sorterriko proletarioentzat
Leninen argia nahi dut.
Nire sorterriko jazartuentzat
Leninen bakea nahi dut.
Nire sorterriko gazteriarentzat
Leninen esperantza nahi dut.
Nire sorterriko hiltzaileentzat,
nire sorterriko presozainentzat,

nire sorterriko iraintzaileentzat
Leninen gorrotoa nahi dut,
Leninen ukabila nahi dut,
Leninen bolbora nahi dut.

—Roque Dalton.

anti-caste.org

Hego Asian gertatzen diren borroketaz eta kasten eta bestelako gutxiengoen zapalkuntzaz informatzen duen web-orria.

http://www.anti-caste.org/